L'ENCLOS : CHATS PEUREUX MAIS CHATS HEUREUX !
C’est à l’arrière du refuge de l’Association protectrice des animaux du Puy-de-Dôme, à Gerzat, qu’a pris place « l’enclos », une pension à vie, coquette et accueillante, pour chats défavorisés…
Il y a trois ans, lorsque l’Association protectrice des animaux du Puy-de-Dôme quittait son refuge vétuste de la rue du Pré-la-Reine pour venir s’installer dans des locaux tout neufs à Gerzat, les animaux ont suivi. Mais il a fallu attendre quelque temps encore pour déménager un petit groupe de chats que quelques bénévoles gardaient contre vents et marées. Ces braves matous en effet, pour n’être pas dépourvus de qualités, n’en présentaient cependant aucun des caractères qui auraient pu en faire des cas « adoptables ». Ils venaient tous de la rue, ils y étaient probablement nés et, du fait, ils avaient gardé chevillée à leur petit corps une trouille incurable de l’être humain. Impossible, à part quelques exceptions, de les toucher ni de les attraper, sauf au filet…
Qu’allait-on faire de ces asociaux ? Le problème était difficile à résoudre… Les « dames chats » comme on les appelle, n’ont pas voulu abandonner leur progéniture, aussi insaisissable qu’elle fût. Elles ont convaincu le conseil d’administration de l’association que ces animaux méritaient tout autant que les autres de vivre en paix. C’est ainsi qu’a été créé « l’enclos », un vaste chalet entouré d’un haut grillage, où une quarantaine de minous rescapés mènent désormais une vie de patachon.
5 bénévoles leur rendent visite chaque jour. Le matin, c’est ménage. Le soir, nettoyage des litières, distribution des croquettes. Le chalet ressemble, avec ses coussins chamarrés, ses dodos, ses cachettes diverses, ses niveaux, ses tentures, à une villégiature pour chats heureux. C’est la villa Médicis des greffiers, le Hilton des matous. Tout y est toujours rangé et propre comme dans la maison de Blanche-Neige. Les occupants s’appellent Zézette, Lucifer, Bouboule, Cocoon, Florette… Et ce sont les chats les plus chanceux du département. En effet, ce qui les attendait, dans la rue, c’était vie d’effroi et de disette suivie d’une mort précoce, souvent dans la souffrance. Dès que l’un d’eux s’en va pour les grandes plaines des petits chats, il est vite remplacé. Mais ils sont si heureux que le taux de mortalité est très faible.
Pour continuer à nourrir et à soigner leurs protégés, les « dames chats » ont besoin d’un petit coup de main. Elles ont mis en place un système de parrainage. Et les dons de toutes sortes seront les bienvenus. Elles comptent sur la sollicitude et la générosité des amis des chats pour les aider à conserver à « l’enclos » son caractère unique…
Auteur : Josée Barnérias